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Archive for janvier 2010

Soap and Glory

28 novembre 2008, 10h, siège d’un grand nom de la cosmétique.
C’est l’heure de mon pot de départ de la société, après un an d’apprentissage.
Parmi mes cadeaux, ma chef génialement farfelue m’a ramené d’un voyage à Londres deux mini-produits rigolos estampillés Soap & Glory: « Soap parce que tu es dingue de cosméto, Glory parce que c’est ton chemin vers la gloire! ».
C’est comme ça que j’ai découvert, un peu plus d’un an avant de déménager ici, cette marque made in London.

Regardez-moi un peu ces packagings et ces noms… on se demande si la marque qui les a inspirés ne commencerait pas par « Bene » et finirait en « Fit », non?
Pourtant, Soap & Glory n’est pas une « sous-marque » de la pépite californienne du groupe LVMH, mais une nouvelle création de celle que l’on surnomme « la nouvelle Estée Lauder » : Marcia Kilgore.

Je vous avoue qu’avant de me mettre à la rédaction de ce billet j’ignorais qui elle était. Un petit tour sur le net m’a fichu la honte: cette femme d’affaire redoutable et talentueuse est aujourd’hui une figure incontournable de la beauté. Résumé.
A la fin du lycée, Marcia, jeune Canadienne, n’obtient pas la bourse dont elle avait besoin pour étudier à la célèbre université new-yorkaise de Columbia. Du coup elle décide d’essayer de faire son trou comme elle peut dans la Big Apple et squatte chez sa grande-soeur, mannequin chez Elite. Elle commence par se former au métier d’esthéticienne et ouvre, peu après, un petit spa à SoHo qui va révolutionner le secteur au milieu des années 90: exit les massages exotiques, les rituels compliqués… au spa Bliss, l’ambiance est décontractée et dynamique à la fois, les noms des soins sont rigolos et on vous y sert des brownies.
Quelques années plus tard Bliss, avec ses produits aux noms décalés (j’aime particulièrement celui de leur crème amincissante: « FatGirl Slim ») et aux odeurs stimulantes (bergamote, citron, sauge…) est une marque distribuée dans le monde entier et détenue à la fois par LVMH (encore eux!) et par un puissant groupe hôtelier.

C’est un peu dans cet esprit que Mrs Kilgore, entre temps expatriée à Londres, décide de lancer une nouvelle ligne de produits pour le bain plutôt fun, sans complexe, pas chère mais de qualité. C’est au rayon beauté de la prestigieuse chaîne de grands magasins britanniques Harvey Nichols que Soap & Glory est distribuée en exclusivité mondiale. Le succès est immense, les produits partent comme des petits pains. Du coup S & G passe à la vitesse supérieure avec Boots, le plus grand distributeur de cosmétiques du pays. La gamme s’allonge: produits visages, coffrets cadeaux qui s’arrachent à Noël et même quelques références pour hommes. Maintenant on trouve aussi cette marque aux USA chez Target.

Personnellement, je trouve le concept tout bonnement génial. Enfin des produits mêlant glamour et humour en grande distribution! Vous qui êtes en France, ne trouvez-vous pas qu’il serait rafraîchissant de voir des produits affichant des pin-ups et des noms truffés de jeux de mots dans les rayons de votre Carrefour… et à des prix de grande surface? Vraiment, bravo et merci Marcia d’avoir démocratisé ça en Angleterre!
De plus la gamme est maintenant bien large: des produits plaisir (bains moussants, body sprays…) aux produits plus pointus (contour des yeux, soins corps raffermissants) en passant par le maquillage… Lors de votre prochain week-end à Londres sous pourrez vous amuser à dévaliser le Boots de Piccadilly Circus pour refaire votre salle de bain aux couleurs de Soap & Glory! Et la marque est très maline d’avoir pensé à créer des mini-formats parfaits pour emporter en voyage ou pour offrir.

Quelques petits bémols cependant – il faut bien râler car après tout, dans « a French beauty-addict in London » il y a « French » ;-)
De ce que j’ai testé / senti, je ne suis pas fan des odeurs. Je les trouve un peu trop neutres. C’est certes un avantage puisque cela évite de faire de l’ombre à votre parfum. Mais bon là, disons que non seulement les fragrances sont trop faibles, mais en plus elles ne m’évoquent rien (je suppose que la créatrice doit avoir des réminiscences des longues années passées aux US)…
Côté qualité des produits, j’ai testé très peu de choses mais je trouve qu’on en a pour son argent (« it’s good value » comme on dit ici). La crème pour les mains Hand Food par exemple est bien: la texture n’est pas trop épaisse, le produit fait son job. Après, ne nous faisons pas d’illusions: Marcia n’a pas de baguette magique, elle n’a pas réussi à nous pondre des produits de parfumerie à des prix riquiquis (attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit: on trouve de la qualité à tous les prix, les deux ne sont pas toujours liés!). Enfin il y a surtout un truc qui m’a refroidie: plusieurs mois avant que la péremption après ouverture ne soit écoulée, ma crème pour les mains s’est mise à avoir une texture bizarre et à sentir le rance. Pas glop!…
Concernant les packagings, difficile de ne pas aimer – du moins quand on est une femme de 15 à 30-35 ans je dirais. Mais, parfois, Soap & Glory en fait un chouilla trop à mon goût. Quand sur ma mini-crème pour les mains je vois: le nom de la marque, le nom du produit, la description du produit, une petite blagounette (« the most astonishing hand cream ever? you decide! ») et un macaron « Fabulous – Soap & Glory Original Formula », chacun dans une typo différente bien sûr, je me dis que les graphistes ont peut-être eu envie de faire joujou avec leur logiciel de design flambant neuf. Sarcasme mis à part, mon avis est que tout ça rend la lecture difficile. Et il est vrai que lorsqu’on voit l’ensemble de la gamme au Boots du coin, on a un peu de mal à trouver un produit en particulier et à comprendre à quoi sert tel ou tel autre. Aaaaaah le less is more à la française…

Pratique

En Angleterre, Soap & Glory est distribuée exclusivement chez Boots et Harvey Nichols.

Prix: de 5,50£ à 15£

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Penhaligon’s

Les Londoniens et Londoniennes contre lesquels je me retrouve écrasée chaque jour dans le métro sentent, pour beaucoup d’entre eux le déo Lynx (le nom local d’Axe), le body spray (spécialité britannique, je vous en toucherai deux mots prochainement) les parfums cheap achetés chez Next ou Marks and Spencer, ou, au mieux (hum!) des infâmes senteurs de détergent type Hugo Boss.
Ceci dit, c’est aussi à Londres qu’on trouve de fabuleuses et souvent très anciennes Maisons de parfumerie telles Penhaligon’s.

Ce nom à coucher dehors est d’abord le patronyme d’un barbier un peu excentrique (Anglais, quoi) prénommé William. Originaire des Cornouailles, il monte à la capitale pour ouvrir un salon sur la prestigieuse Jermyn street à la fin des années 1860. Quelques années plus tard, il se lance dans la création de parfums en exclusivité pour sa clientèle. Sous le reigne de Victoria, il devient barbier et parfumeur auprès de la Cour royale.

En tant que barbier, William Penhaligon a bien entendu commencé par créer des fragrances masculines. Pour son premier parfum, il s’est inspiré des vapeurs émanant du hammam situé près de sa boutique: ainsi est né Hammam Bouquet. Mais c’est avec son deuxième opus créé pour le duc de Marlborough, Blenheim Bouquet, qu’il connaît son plus franc succès: 108 ans après, cette cologne légèrement boisée et épicée portée par Winston Churchill est toujours le best-seller de la marque.

Aujourd’hui la marque continue de faire vivre l’esprit à la fois délicieusement ringard et exentrique du créateur et a élargi la gamme à des parfums féminins, des dérivés parfumés (huiles de bains, bougies et talcs so british) mais également des petits objets pour la toilette. On est vraiment dans cette ambiance quand on franchit le seuil d’une de leurs boutiques: boiseries sombres, déco surannée, tout y est.

En ce qui me concerne, j’ai été au contact de cette marque dès 2007 lorsque j’ai travaillé dans un de leurs points de vente parisiens, le grand magasin Old England. Quand j’ai plus tard travaillé au Bon Marché mon corner était collé à celui de Penhaligon’s, ce qui m’a encore une fois donné l’occasion de mieux connaître la marque.

Alors déjà, au rayon des parfums masculins, si vous avez du mal avec les colognes, passez votre chemin. Que ce soit Blenheim Bouquet, Racquets, English Fern, Quercus ou le dernier Extract of Limes, on a certes à faire à des produits de qualité, mais d’une formalité assez ennuyeuse. D’ailleurs, cette marque rencontrait un franc succès auprès de messieurs d’un certain âge: si le client ne venait pas chercher une recharge 500 ml de « Blenheim », il suffisait de prononcer les mots « porté par Churchill » ou « traditionnel » pour lui vendre la chose.
En revanche, je trouve Hammam Bouquet ou Opus 1870 plus intéressants, moins propre-sur-soi-passe-partout.

Chez les femmes, c’est 50-50.
D’un côté, Penhaligon’s propose une large sélection de quasi-soliflores aux noms explicites qui, accompagnés de leur talc ou leur savon assorti, raviront vos grand-mères: Bluebell, Elizabethan Rose, Lavandula (bouh!), Lily of the Valley ou Gardenia, ces créations ont au moins le mérite de dire ce qu’elles sentent et de sentir ce qu’elles disent. Pour ma part j’ai un peu de mal avec ce genre de parfums, que je trouve trop simplistes – bien qu’ils soient constitués de plusieurs matières premières et non juste de rose ou de lavande, bien sûr.
D’un autre côté, la marque a créé des fragrances qui, à mon avis, ont vraiment leur univers propre. Je veux dire par-là que quand on les sent on a tout de suite une couleur, des images, peut-être des gens, qui nous viennent à l’esprit. Quelques mots sur mes préférés… D’abord Malabah, une sorte de pendant féminin à Hammam Bouquet: il s’agit d’un oriental sensuel et pétillant, acidulé je dirais même. A l’opposé, timide, poudré et doudou, je craque pour Artemisia. Retour au chaud avec Cornubia, peu connu mais qui vaut le détour: si vous avez aimé le côté miellé et un peu entêtant de Loulou de Cacharel, vous allez l’adorer. Enfin, si vous aimez la fleur d’oranger mais avez envie d’une version pas trop lourde pour la belle saison, filez sentir Castile: ne vous fiez pas à son étiquette moche et masculine car vous passeriez à côté d’une très jolie création.

En parlant de packaging, cet élément est très important chez Penhaligon’s. On reconnaît leurs flacons de loin: leur forme particulière est la même pour toutes les créations de la marque, qui portent toutes un noeud plus ou moins joli autour du goulot. Ces flacons, tout comme le merchandising de la marque, jouent à fond la carte de la tradition un poil décalée à l’anglaise.
J’aime beaucoup moins leurs typos et le design de leurs étiquettes – un détail, certes, mais qui me frappe chaque fois que je vois des produits Penhaligon’s. En effet, ces deux éléments sont à chaque fois différents, non seulement pour le nom du parfum, mais également pour le nom de la marque qui est apposé sur les divers flacons. Du coup, tout ça manque un peu d’unité visuelle: ça me donne l’impression que pour chaque parfum, la marque a confié le projet à un chef de produit différent qui a voulu se faire plaisir en apposant sa patte un peu trop personnelle sur chaque flacon… Charme d’un petit côté bordélique ou manque de cohérence de marque? Marketeurs ou amateurs, quel est votre avis?

Pratique
En France, si vous êtes à Paris vous pourrez découvrir l’ensemble de la gamme à leur boutique de la rue Saint-Honoré. Les autres points de vente sont le Bon Marché et des parfumeries indépendantes.

En Angleterre, la marque a une douzaine de boutiques et des corners dans de nombreux grands magasins.

Prix: parfums et dérivés de 25 à 110€ en France, de 12 à 90£ en Angleterre

Les avis conso sur Beauté-Test

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Boudoir de Vivienne Westwood

Bonne année à tous!

Pour commencer 2010, j’aimerais vous parler non pas d’une marque en général, mais d’un produit en particulier: le parfum Boudoir de Vivienne Westwood.

Si je vous dis Vivienne Weswtood, vous pensez probablement à une vieille Anglaise rousse échevelée et légèrement timbrée (ou à la sublime robe de mariée de Carry dans le film Sex and the City)… Eh oui, c’est bien elle dont il s’agit!

source: www.bbc.co.uksource: www.tigerlillyjewelry.com

Ce qu’on sait moins, c’est que cette designer excentrique née en 1941, est une des figures de proue du mouvement culturel punk qui a déferlé en Grande-Bretagne dans les années ’70-’80. Car c’est dans sa boutique « Let It Rock » créée avec Malcolm Mac Laren, que les Sex Pistols se fournissaient en vêtements destroy pour leurs concerts. Pour la petite histoire, le fameux Malcolm était aussi le manager du groupe, et leur fils, Joseph, est le fondateur de la délicieuse marque de lingerie Agent Provocateur.

Bref, vous pouvez deviner qu’avec Boudoir, le premier parfum de la créatrice développé par le groupe Coty, on est loin du classicisme ou du plan-plan. Bien qu’il ait été lancé il y a maintenant douze ans, je suis tombée dessus récemment en surfant sur le site Beauté-Test. Mon attention a été attirée par trois choses. Un, bien que je m’intéresse beaucoup aux parfums, je ne connaissais pas ce produit. Deux, le fait qu’il soit de Vivienne Westwood, de part l’histoire de la créatrice, a aiguisé ma curiosité. Trois, les avis consomateurs sont dithyrambiques. Petit problème: il est assez difficile à trouver en France, et il y coûte assez cher.

C’est donc peu après mon installation à Londres que je me suis de nouveau intéressée à ce parfum, largement distribué dans le pays et proposé à un prix très raisonnable. Je l’ai donc testé et j’ai vraiment retrouvé toutes les qualités vantées par les fans de cette fragrance. Sa principale caractéristique est d’être très paradoxal: je trouve ce parfum à la fois élégamment classique (bergamote et aldéhydes en tête, jasmin en coeur) tout en étant carrément atypique. J’ignore si ce sont les épices (cannelle, coriandre et cardamome) du fond, ou la fleur de viorme (une fleur commune dans les jardins, mais jamais utilisée auparavant en parfumerie) qui lui donnent ce côté surprenant.

Boudoir est aussi un parfum provocant, très sensuel voire sexuel, qui ne peut laisser indifférent. Si vous jetez un oeil aux avis conso vous verrez que certaines personnes le détestent littéralement alors que d’autres en sont addict. Pour ma part, bien que fuyant les chyprés, je fais partie de la deuxième catégorie. Je suis tombée sous le charme de ce parfum à la fois classe et excentrique, à l’image de sa créatrice et plus généralement, selon moi, de la créativité made in UK: un subtil mélange de respect des traditions et de grain de folie… so british!

source: www.viviennewestwoodonline.co.uksource: www.handbags800.com

Pratique

En France, plus vous allez dans une grosse parfumerie, plus vous aurez de chance de le trouver.

À Londres, dans les grands magasins et les chaînes de parfumerie comme Beauty Base .

Prix: 60€ l’eau de parfum 30 ml en France, 34£ en Angleterre (si, si!); existe aussi en 50 et 75 ml

Les avis conso sur Beauté-Test

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